marche verte 2025

Par Dr. Driss Effina

Le Fonds monétaire international a récemment appelé à un élargissement de la marge de flexibilité du dirham afin que sa valeur reflète plus fidèlement l’évolution du déficit commercial et les pressions extérieures.

L’idée centrale est simple d’un point de vue économique : lorsqu’une économie enregistre un déficit commercial élevé, le taux de change est censé s’ajuster progressivement pour rétablir l’équilibre, en rendant les importations plus coûteuses et les exportations plus compétitives.

Dans la situation actuelle, la relative stabilisation du dirham s’apparente à une forme de soutien indirect aux importations, en particulier aux biens de consommation et aux produits de luxe à forte valeur, qui bénéficient d’un dirham maintenu à un niveau sous évalué. Leur prix sur le marché intérieur ne reflète donc pas pleinement leur coût réel en devises. Ce mécanisme rappelle, dans sa logique, l’ancien système de la Caisse de compensation, où la fixation des prix répartissait la charge sur l’ensemble de la collectivité au lieu de laisser les prix traduire la rareté et les déséquilibres effectifs.

La réduction du déficit commercial ne peut pas reposer uniquement sur des politiques industrielles ou sur la stimulation des exportations. Elle suppose également un régime de change plus flexible. Lorsque la valeur du dirham intègre le coût réel des devises étrangères, les importations non essentielles deviennent moins attractives, et la demande s’oriente progressivement vers la production nationale. Ce processus contribue à un rééquilibrage extérieur plus durable et plus transparent.