marche verte 2025

Le Ghana a annoncé jeudi une série de réformes d’urgence dans le secteur du cacao, dont la baisse du prix à la production, pour faire face aux perturbations auxquelles souffre la filière en raison du recul des cours mondiaux de la fève.

Ainsi, le gouvernement ghanéen a décidé la baisse du prix payé aux producteurs à un peu plus de 41.000 cédis (environ 3.700 dollars) la tonne, contre 58.000 cédis (près de 5.270 dollars) fixé en octobre dernier.

« Cette mesure est devenue nécessaire pour refléter la réalité des cours mondiaux du cacao et assurer une injection immédiate de liquidités », a affirmé le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, lors d’une conférence de presse, précisant que 786.000 tonnes de cacao étaient prévues pour la campagne 2023-2024, mais seulement 432.000 tonnes ont été produites, engendrant un déficit « inédit et inacceptable » et des pertes supérieures à un milliard de dollars.

D’autre part, le gouvernement a ordonné le remboursement immédiat des arriérés dus aux producteurs et prévoit de soumettre au Parlement un projet de loi garantissant aux planteurs au moins 70% du prix brut à l’exportation.

Les autorités ghanéennes envisagent aussi la réforme du financement du secteur avec des obligations locales sécurisées par les recettes du cacao et exiger, à partir de 2026-2027, la transformation locale d’au moins 50% des fèves, afin de renforcer la valeur ajoutée et assainir durablement la filière.

Le Ghana est le deuxième producteur mondial de cacao derrière la Côte d’Ivoire. La filière est la troisième source de revenus à l’exportation du pays ouest-africain après l’or et le pétrole, représente environ 10% du PIB et fait vivre un million d’habitants.

Les prix du cacao ont reculé sur le marché mondial, passant de 12.500 dollars la tonne en décembre 2024 à 7.000 dollars en octobre 2025.