Casablanca-Le12.ma

L’envolée du paiement en ligne au Maroc semble ne pas être prête à s’arrêter ou même à ralentir, en raison d’un engouement sans précédent des Marocains pour cette solution en vue d’effectuer leurs transactions.

Il s’agit bien d’une tendance qui s’est, d’ores et déjà, installée dans la durée et a amplement profité de l’avènement de la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19) pour s’imposer plus que jamais comme une des solutions les plus privilégiées, au regard de ses multiples atouts, dont la rapidité, l’efficacité et surtout la sécurité.

Ce constat est appuyé par les récents chiffres du Centre monétique interbancaire (CMI) qui a affirmé que l’activité du paiement via Internet est restée sur un trend fort ascendant avec une progression, en nombre, de 58,8% à 4,5 millions d’opérations et de 31% à 1,8 milliard de dirhams (MMDH) au titre du premier trimestre de cette année.

Au détail, les cartes marocaines ont enregistré une augmentation de 61,4% en nombre d’opérations et de 36,6% en montant, tandis que celles étrangères ont progressé de 8,3% en nombre d’opérations et régressé de 33,7% en montant à 74 millions de dirhams (MDH).

Le CMI signale tout de même que cette activité de paiement en ligne reste très fortement dominée par les cartes marocaines à hauteur de 96,7% en nombre de transactions et de 96% en montant.

Une croissance exponentielle qui est principalement tirée par la montée en puissance du commerce électronique via la création de sites marchands, dont certains sont devenus de véritables supermarchés, proposant des offres variées et complètes (alimentation, électroménager, électronique, bricolage, hygiène et beauté, vêtements, etc).

Et pour séduire davantage l’acheteur, les e-commerçants proposent un service de livraison en toute sécurité à un coût raisonnable, contribuant ainsi à la réduction du risque d’une éventuelle contamination par le covid-19.

Côté sécurité, la transaction e-commerce suit un schéma bien précis qui permet de procéder aux vérifications nécessaires avant toute action. Pour les e-commerçants affiliés au CMI, il s’agit concrètement de neuf étapes, à savoir « la validation de la commande par l’acheteur sur le site e-commerce », « la redirection de l’acheteur vers la page de paiement du CMI », « la saisie et transmission des données bancaires par l’acheteur sur la page sécurisée CMI » et « la demande d’authentification de la carte (3D Secure) ».

S’en suivent « la réponse de la demande d’authentification », « la demande d’autorisation du paiement par le CMI auprès de la banque de l’acheteur », « la réponse de la banque à la demande d’autorisation (acceptation ou refus) », « la notification à l’acheteur de la réponse à la demande d’autorisation » et « l’envoi par le CMI aux banques du crédit commerçant et du débit de l’acheteur ».

Ces étapes se déroulent en peu de temps pour offrir un service de qualité, tout en permettant de détecter et d’éviter les tentatives de fraudes.

Parallèlement, plusieurs e-commerçants proposent un tout autre service de paiement qui est celui du TPE (terminal de paiement électronique) 3G à la livraison.

Et là aussi, les avancées technologiques en matière de mode de paiement et l’arrivée en force de la digitalisation ont donné un véritable coup de fouet à l’expansion du paiement sans contact (contactless) qui ne cesse de prendre de l’ampleur au Maroc, particulièrement avec les récentes augmentations du plafond, lequel a été fixé actuellement à 600 dirhams par CMI et Visa.

D’ailleurs, le taux de nombre de transactions contactless est passé de 5,2% durant le 1er trimestre 2020 à 25% au T1-2021 et de 1,6% à 11,5% pour ce qui est des montants réglés.

Ces performances continues et croissantes des moyens de paiement électroniques s’avèrent en ligne avec les efforts déployés par Bank Al-Maghrib (BAM) en vue de réduire la circulation fiduciaire qui, rappelons-le, s’est chiffrée à 301 MMDH durant l’année écoulée, grimpant de 20% par rapport à 2019.

Bien qu’il reste un long chemin à parcourir pour y arriver, le Maroc est sur la bonne voie et pourra, grâce à ses infrastructures, compter sur les nouvelles technologies, comme la 5G, qui favoriseront encore plus les modes de paiement du futur (par empreinte, reconnaissance faciale, etc).