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Par : DRISS LYAKOUBI

Une thèse de doctorat soutenue récemment à la faculté des lettres et des sciences humaines de l’université Mohammed V de Rabat revêtait un caractère particulier. Sa spécificité réside à la fois par le sujet traité, mais aussi par la qualité de son auteur.

La thèse intitulée « L’Imam Ahmad Ibn Idris Al-Maghribi et ses efforts dans les sciences islamiques et la diffusion des valeurs soufies – une étude critique » a été soutenue par Cheikh Muhammad Fuad Kamaludin, l’un des grands érudits de Malaisie et d’Asie du Sud-Est.

Considéré comme une grande figure soufie et l’un des illustres théologiens, reconnues tant sur le plan scientifique que sur le plan intellectuel, Cheikh Muhammad Fuad Kamaludin, fondateur et président du Collège Assofa Islamique en Malaisie, a présenté une thèse témoignant de sa profonde maîtrise du soufisme, comme une voie spirituelle visant la purification de l’âme et l’union avec Dieu.

La thèse puise, en effet, sa légitimité, dans un monde en quête de sens, à un moment où l’humanité est en perte de repères. De ce fait, la question de la foi occupe une place prépondérante au sein des cercles universitaires, intellectuels et religieux. Le travail académique du Muhammad Fuad Kamaludin été l’occasion de mettre en lumière la dimension universelle de l’Islam des lumières dans un monde traversé par des crises graves et caractérisé par des replis identitaires, sources de toutes les tensions.

La soutenance de thèse s’est, en effet, déroulée dans un cadre scientifique et intellectuel de très haute valeur, ayant réuni des professeurs universitaires, des chercheurs, ainsi que des passionnés des relations historiques entre les Royaumes du Maroc et de Malaisie, ce qui a conféré à cet évènement académique un caractère pluridimensionnel, reflétant ainsi la grande place qu’occupe l’université Mohammed V et la faculté des lettres et des sciences humaines de Rabat dans l’oraganisation d’événements intellectuels, leur l’ouverture sur les expériences scientifiques internationales.

Prenant en compte le statut intellectuel et scientifique du Cheikh Muhammad Fuad Kamaludin, le jury a été présidée par le doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines de Rabat, Pr. Zakaria Boudhim et composé d’imminents professeurs spécialisés dans le soufisme, qui ont salué le niveau scientifique de la thèse, la méthodologie adoptée, la profondeur de l’analyse et la valeur de la contribution qu’elle apporte à la recherche académique dans le domaine du soufisme.

À l’issue de la soutenance de la thèse de doctorat, le jury a décidé d’attribuer au Cheikh Muhammad Fuad Kamaludin une mention spéciale pour la qualité scientifique du travail accompli, et ont recommandé de publier sa thèse, en plusieurs langues. Et ce, en reconnaissance de sa valeur académique et de son importance pour la recherche universitaire.

Cet événement académique inédit constitue une nouvelle confirmation du rôle pionnier de l’université Mohammed V à Rabat dans la consolidation de sa position en tant qu’espace de dialogue scientifique approfondi et d’échanges académiques entre le Maroc et son environnement régional et international.

A noter que Cheikh Muhammad Fuad Kamaludin a effectué, depuis 2012, de multiples visites au Maroc et a été à l’origine de plusieurs conventions avec plusieurs universités et grands instituts nationaux. On cite, à cet égard, les universités Al Quaraouiyine de Fès, Mohammed V de Rabat, Ibn Tofaïl de Kénitra et Dar El Hadith El Hassania.

Il est à rappeler que le sujet de la thèse de doctorat du Cheikh Muhammad Fuad Kamaludin a concerné l’une des figures emblématiques du soufisme marocain. Ahmad Ibn Idris Laraichi Yamlahi al-Alami Hassani (1760-1837) est un soufi marocain, descendant de la Dynastie Idrisside. Il avait quitté le Maroc pourvu de titres et licences acquis à Fès, la cité du Savoir par excellence à son époque, et qui aussitôt arrivé à La Mecque eut une chaire à partir de laquelle il dispensa son enseignement à des musulmans provenant de diverses régions du globe, d’où son rayonnement un peu partout dans le monde : Arabie saoudite, Malaisie, Yémen, Egypte, Soudan, Libye, Bosnie-Herzégovine, Italie, Indonésie, Inde…

Considéré comme l’une des figures emblématiques des relations entre le Maroc et la Malaisie dans les domaines associatif et universitaire, Hassan Ammari, président de l’Association marocaine pour la coopération et l’amitié entre les Peuples (AMCAP) n’a pas manqué de rappeler le rôle central de « Imarat Al Mouminine » au Maroc dans la diffusion des valeurs authentiques de l’Islam dans le monde et qui se caractérisent par l’esprit de tolérance, du juste milieu et du vivre ensemble. Il a, en outre, indiqué que l’obtention de titre de doctorat avec mention spéciale par Cheikh Muhammad Fuad Kamaludin renforce le rôle de l’Université Mohammed V comme un grand pôle régional et mondial d’excellence, en matière de savoir et consolide, par la même occasion, la coopération académique entre la Malaisie et le Maroc.

A noter, à cet effet, que les relations entre le Maroc et la Malaisie ne revêtent pas uniquement un caractère temporel, elle s’inscrivent dans une dimension historico-spirituelle.