A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la galerie du Centre russe de la science et de la culture de Rabat abrite, jusqu’au 24 mars 2025, une exposition collective d’artistes femmes russes et marocaines.
Ayant pour thème » Deux cultures, une seule force », cet événement artistique haut en couleurs invite le public à explorer la richesse et la diversité des sujets suscitant l’intérêt de femmes artistes à travers le temps et les cultures. Elle rassemble les œuvres de près de 30 artistes, abordant des thématiques variées, allant de la beauté féminine à la réflexion sur la vie, l’identité et la condition humaine.
Les artistes participantes proposent des visions différentes, mais elles ont en commun ce souci d’établir un dialogue interculturel. Certaines parmi elles, interrogent la place de la femme dans la société contemporaine, comme c’est le cas de l’artiste autodidacte Zahra Ztoti, d’autres s’intéressent aux dimensions sociales et intérieures de l’humanité, tandis que certaines plasticiennes explorent l’univers de leurs identités respectives.
Prenant la parole lors du vernissage, Vladimir Sokolov, directeur du Centre russe pour la science et la culture n’a pas manqué à rendre hommage à la femme « créatrice, inspiratrice, gardienne de la culture et des traditions ». » Nos artistes, représentantes de deux cultures, précise-t-il, parlent un même langage ; celui de la couleur, de la forme et de l’émotion. Dans leurs oeuvres se reflètent à la fois la tendresse et la force, la sagesse et le courage. »
M. Sokolov a, par ailleurs, tenu à exprimer sa joie qu’au sein du centre culturel russe, des artistes du Maroc et de Russie puissent librement partager leur créativité, s’enrichir mutuellement et trouver de nouvelles idées et source d’inspiration. » De tels projets, conclue-t-il, renforcent la confiance et la compréhension mutuelle entre nos peuples. »

A titre illustratif, les invités de cette soirée artistique ramadanesque ont eu l’agréable opportunité de découvrir le travail de la plasticienne franco-russe Estelle Lemembre. La force dégagée par ses oeuvres a suscité, à la fois, la curiosité et l’admiration du public présent lors du vernissage.
Juriste de formation, cet artiste franco-russe, installée au Maroc depuis 13 ans, a baigné dans l’art depuis sa tendre enfance. « Depuis mon enfance, je peignais pour l’âme, comme une manière naturelle d’exprimer mes émotions et ma vision du monde, » révèle-t-elle dans une déclaration à Le12.ma.
Son chemin, explique-t-elle, a pris en 2016, une nouvelle dimension, lorsque elle a commencé à travailler comme praticienne énergétique avec la méthode appelée « Aquarian Age Healing / Bio-Alignement. »
Cette expérience a profondément transformé sa manière de créer.
» Mes tableaux, souligne-t-elle, ont toujours été porteurs de sens et d’intention. Pendant longtemps, j’ai peint des femmes, des femmes-anges, la nature et des animaux totems — des symboles de force, de transformation et de connexion avec l’invisible. »
Dans cette exposition qui rend hommage à la fois à la femme et au dialogue interculturel, le public peut déceler dans les tableaux d’Estelle Lemembre, cette puissance d’explorer les symboles sacrés et la géométrie sacrée, ainsi que les symboles berbères, qui depuis des siècles portent la force et l’esprit des ancêtres.. » » » Ces signes, affirme-t-elle, sont connus pour protéger l’être humain et son espace simplement par leur présence dans son environnement. »
Un autre tableau d’Estelle Lemembre ayant exercé une fascination sur les visiteurs de l’exposition، est celui où elle a peint des motifs amazighs et dans lequelle « Allah » الله est apparu intuitivement et de manière spontannée.
*DRISS LYAKOUBI
