Par Nadia.B (le12.ma/Fr)

Les trois partenaires ont élaboré une Note stratégique qui servira d’outil de travail pour une réponse socio-économique immédiate, à moyen et long terme au Covid-19. Cinq recommandations ont été émises. Le détail…

Pour une réponse socio-économique immédiate, à moyen et long terme au covid-19,  le Haut-commissariat au plan (HCP), le Système des Nations Unies pour le développement (SNUD) au Maroc et la Banque mondiale ont développé conjointement une «Note stratégique». Ce document jette la lumière sur la situation pandémique au Maroc à la date de sa publication et expose l’analyse de l’évolution de la situation économique et sociale du pays depuis le début de la crise. Il présente également les actions entreprises par le Maroc et met en relief les principales recommandations des agences du Système des Nations Unies pour accompagner une réponse intégrée et efficace face aux répercussions de la pandémie. Ce document appelle à voir, dans la crise, «des opportunités à saisir pour une reprise alignée sur les Objectifs de Développement Durable (ODD), bien informée et inclusive qui ne laisse personne pour compte». Ceci en mettant en œuvre ses différentes recommandations qui devront servir d’outil de travail pour répondre aux besoins des personnes vulnérables, protéger les emplois et les moyens de subsistance et permettre une reprise progressive et durable de l’économie. La première recommandation insiste sur un nouveau modèle d’équilibre économique et de développement durable, aligné avec la réalisation des ODD, en tirant les leçons de la crise actuelle. Il s’agit, «dans un premier temps, de soutenir l’analyse d’impact de la crise sur les différents secteurs, l’appui à la planification de la réponse économique et sociale, ainsi que la gestion des ressources», indique-t-on. L’appui du SNUD intégrera spécifiquement la prise en compte de l’atteinte des ODD à l’horizon 2030, sur la base des indicateurs existants, lesquels prennent en compte les populations les plus vulnérables. La deuxième recommandation, elle, porte sur l’accélération de la mise en place de méthodes innovantes pour collecter, analyser et tirer des informations utiles des données socio-économiques marocaines, afin d’accompagner au mieux la prise de décision de manière éthique, scientifique et contextualisée. «La digitalisation, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies en général sont déjà au centre de la compréhension de la crise à travers le monde et généreront aussi des enseignements selon l’expérience qui en est faite par les services gouvernementaux, les entreprises et la société civile marocaines», insiste-t-on dans le document. La troisième recommandation a trait au renforcement des mécanismes de planification territoriale en cohésion avec la politique générale de l’État, ainsi que la convergence et l’adéquation des programmes de développement régional avec les plans sectoriels ont été fortement soulignés. Les agences onusiennes soulignent ainsi l’importance de l’inclusion des collectivités territoriales et de la société civile dans la réponse du pays et la mise en œuvre des politiques nationales au niveau local. La Note stratégique  préconise aussi d’accorder une attention particulière à la pauvreté multidimensionnelle. Elle recommande notamment de planifier une réponse adaptée aux segments de la population les plus durement touchés par la crise, et donc les plus vulnérables à basculer dans la pauvreté. Il s’agit des salariés des PME, des travailleurs indépendants, des travailleurs agricoles et des journaliers. La cinquième recommandation, quant à elle, met l’accent sur la continuité des services publics de santé, d’éducation et d’administration durant et après la crise. Les services publics essentiels étant l’unique filet social pour certaines populations, les plus vulnérables. «L’interruption des services publics essentiels, souvent liée à la peur du virus, à l’incertitude quant à la durée de la situation, à la réduction de la mobilité ou au manque de connectivité, peut créer des vulnérabilités latentes ou amplifier les vulnérabilités déjà existantes, qui risquent alors de se manifester de manière plus profonde dans les mois et les années à venir», avertit la note stratégique.