{"id":51860,"date":"2026-09-15T11:30:38","date_gmt":"2026-09-15T10:30:38","guid":{"rendered":"https:\/\/le12.ma\/fr\/?p=51860"},"modified":"2026-09-15T12:15:12","modified_gmt":"2026-09-15T11:15:12","slug":"pauline-de-mazieres-plus-quun-symbole-un-trait-dunion-culturel-et-artistique-entre-la-russie-et-le-maroc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/le12.ma\/fr\/pauline-de-mazieres-plus-quun-symbole-un-trait-dunion-culturel-et-artistique-entre-la-russie-et-le-maroc\/","title":{"rendered":"Pauline de Mazi\u00e8res : plus qu&rsquo;un symbole, un trait d&rsquo;union culturel et artistique entre la Russie et le Maroc"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Par DRISS LYAKOUBI<\/strong><\/span><\/p>\n<h2><strong>Pauline de Mazi\u00e8res, n\u00e9e Comtesse Prascovia Petrovna Ch\u00e9r\u00e9m\u00e9teva en 1933 \u00e0 Rabat, est une figure embl\u00e9matique de la vie culturelle et artistique. Pour plusieurs Marocains qui l&rsquo;ont c\u00f4toy\u00e9e, elle incarne de mani\u00e8re \u00e9clatante ce fort lien entre la grande aristocratie russe de Saint-P\u00e9tersbourg et l&rsquo;histoire moderne du Maroc. <\/strong><\/h2>\n<p><strong>Son parcours personnel lie de fa\u00e7on indissociable le faste de la dynastie de la Neva et le bouillonnement artistique de Rabat. Fille du comte Piotr Ch\u00e9r\u00e9m\u00e9tev et de Maria Levchina, cette grande et talentueuse artiste est n\u00e9e au Maroc pendant la p\u00e9riode du protectorat fran\u00e7a. Sa famille faisant partie de la premi\u00e8re vague d&rsquo;\u00e9migr\u00e9s russes ayant fui la r\u00e9volution de 1917. Elle est reconnue par les institutions comme la doyenne de l&rsquo;\u00e9migration russe dans le Royaume du Maroc.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pauline de Mazi\u00e8res est consid\u00e9r\u00e9e comme une pionni\u00e8re absolue de l&rsquo;art contemporain marocain. Au-del\u00e0 de son titre et de ses origines imp\u00e9riales, elle a marqu\u00e9 de son empreinte l&rsquo;histoire culturelle de son pays de naissance et d&rsquo;adoption. En 1971, elle fonde \u00e0 Rabat la mythique galerie L&rsquo;Atelier, le c\u0153ur de l&rsquo;art avant-gardiste national. Pendant deux d\u00e9cennies (1971-1991), sa galerie a \u00e9t\u00e9 le premier espace d&rsquo;art moderne de r\u00e9f\u00e9rence au Royaume. Tr\u00e8s li\u00e9e aux artistes Mohamed Melehi et Farid Belkahia, elle a soutenu et expos\u00e9 les plus grands noms de la peinture marocaine contemporaine, notamment le visionnaire Abb\u00e8s Saladi qui lui offrit l&rsquo;une de ses toutes premi\u00e8res \u0153uvres de jeunesse.<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-51861\" src=\"https:\/\/le12.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/pp.jpeg\" alt=\"\" width=\"1080\" height=\"584\" srcset=\"https:\/\/le12.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/pp.jpeg 1080w, https:\/\/le12.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/pp-300x162.jpeg 300w, https:\/\/le12.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/pp-1024x554.jpeg 1024w, https:\/\/le12.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/pp-768x415.jpeg 768w\" sizes=\"(max-width: 1080px) 100vw, 1080px\" \/><\/p>\n<p><strong>Tr\u00e8s attach\u00e9e \u00e0 la capitale du Royaume, elle a fait de Rabat un carrefour culturel en exposant des peintres de tout le monde arabo-musulman, irakiens, syriens ou tunisiens, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9ressait peu des exp\u00e9riences artistiques non occidentales.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sur le plan familial, Pauline de Mazi\u00e8res a \u00e9pous\u00e9 l&rsquo;\u00e9minent architecte fran\u00e7ais Patrice de Mazi\u00e8res (Patrikij de Mazi\u00e8res de Chambon). N\u00e9 lui aussi \u00e0 Rabat, il a profond\u00e9ment marqu\u00e9 le paysage architectural marocain moderne (notamment via d&rsquo;audacieuses collaborations et des r\u00e9alisations architecturales majeures int\u00e9grant le travail d&rsquo;artistes et d&rsquo;artisans marocains.<\/strong><\/p>\n<p><strong>A travers elle, le nom des Ch\u00e9r\u00e9m\u00e9teva r\u00e9sonne, jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, \u00e0 la fois dans les salons d&rsquo;apparat du Palais de la Fontanka \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg et sur les murs des plus prestigieux mus\u00e9es et galeries d&rsquo;art du Maroc.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Alors que les \u0153uvres de ses anciens prot\u00e9g\u00e9s s&rsquo;arrachent dans les biennales du monde entier, l\u2019h\u00e9ritage artistique et esth\u00e9tique de Pauline de Mazi\u00e8res appara\u00eet d&rsquo;une valeur inestimable. Quitter la Maison de la Fontaine \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg pour devenir la marraine de l&rsquo;art contemporain marocain, tel fut le merveilleux destin de la comtesse Prascovia. Une vie enti\u00e8re d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la beaut\u00e9 et \u00e0 la cr\u00e9ation, qui prouve que si le nom des Ch\u00e9r\u00e9m\u00e9teva est inscrit dans la pierre fine de la grande m\u00e9tropole septentrionale du monde, son coeur bat toujours pour l&rsquo;histoire culturelle du Maroc.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par DRISS LYAKOUBI Pauline de Mazi\u00e8res, n\u00e9e Comtesse Prascovia Petrovna Ch\u00e9r\u00e9m\u00e9teva en 1933 \u00e0 Rabat, est une figure embl\u00e9matique de la vie culturelle et artistique. Pour plusieurs Marocains qui l&rsquo;ont c\u00f4toy\u00e9e, elle incarne de mani\u00e8re \u00e9clatante ce fort lien entre la grande aristocratie russe de Saint-P\u00e9tersbourg et l&rsquo;histoire moderne du Maroc. 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