{"id":2720,"date":"2020-08-31T00:18:37","date_gmt":"2020-08-30T23:18:37","guid":{"rendered":"https:\/\/le12.ma\/fr\/?p=2720"},"modified":"2020-08-31T00:18:37","modified_gmt":"2020-08-30T23:18:37","slug":"a-kenitra-les-pelleteuses-ont-eu-raison-de-latlas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/le12.ma\/fr\/a-kenitra-les-pelleteuses-ont-eu-raison-de-latlas\/","title":{"rendered":"\u00c0 K\u00e9nitra, les pelleteuses ont eu raison de l\u2019Atlas"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\"><b>La s\u00e9rie noire de la d\u00e9molition des salles de cin\u00e9ma de K\u00e9nitra se poursuit. Apr\u00e8s Fantasio, Riad et Tanagra, c\u2019est au tour du cin\u00e9ma Atlas de subir le m\u00eame triste sort. Le nom mythique et majestueux de cet \u00e9difice culturel, n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 certains promoteurs immobiliers, peu respectueux de l\u2019identit\u00e9 architecturale et culturelle de la cit\u00e9 des marguerites, d\u2019actionner les pelleteuses et de transformer ce lieu de m\u00e9moire en champ de ruines.<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\"><b>Des initiatives ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es ces derniers temps par le tissu associatif de la ville afin de sauver ce qui pourrait l\u2019\u00eatre, mais l\u2019avanc\u00e9e inexorable du b\u00e9ton et la sp\u00e9culation\u00a0 immobili\u00e8re ont eu le dernier mot et mis fin aux espoirs de milliers de cin\u00e9philes.\u00a0 Mohamed Mokhtar, t\u00e9moin d\u2019un pass\u00e9 glorieux, souligne avec amertume qu\u2019il fr\u00e9quentait de mani\u00e8re r\u00e9guli\u00e8re les salles de cin\u00e9ma de la ville. \u00abVous ne pouvez pas imaginer, pr\u00e9cise-t-il, le plaisir et la fascination qu\u2019exer\u00e7aient sur nous le fait de voir des films dans ces salles obscures. Une forte \u00e9motion dont sont priv\u00e9s, malheureusement aujourd\u2019hui, les cin\u00e9philes de K\u00e9nitra, jeunes et moins jeunes\u00bb,\u00a0 conclut-il, en substance.<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\"><b>Dans une d\u00e9claration au \u00abMatin\u00bb, Abedelkhalek Belarabi, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des cin\u00e9-clubs du Maroc, proteste de mani\u00e8re vigoureuse contre ce ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9molition des salles de cin\u00e9ma et exprime son regret que les provinces de K\u00e9nitra, de Sidi Kacem et de Sidi Slmane ne disposent plus d\u2019aucune salle de projection. Il impute la responsabilit\u00e9 aux communes qui d\u00e9livrent avec une facilit\u00e9 d\u00e9concertante les autorisations de d\u00e9molition de ces lieux de culture et de divertissement. Il reproche, par ailleurs, la passivit\u00e9 des autorit\u00e9s de tutelle, en l\u2019occurrence le minist\u00e8re de la Culture et le Centre cin\u00e9matographique marocain (CCM) qui n\u2019agissent pas en amont pour arr\u00eater ce qu\u2019il consid\u00e8re comme une h\u00e9catombe.<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\"><b>Face \u00e0 cette situation que d\u2019aucuns n\u2019h\u00e9sitent \u00e0 qualifier de regrettable, la capitale du Gharb, qui compte pr\u00e8s de 500.000 habitants, ne dispose actuellement que d\u2019un centre culturel de pr\u00e8s de 250 places qui ne r\u00e9pond pas aux normes minimales de projection de films. De ce fait, les passionn\u00e9s des salles obscures de K\u00e9nitra sont oblig\u00e9s de se d\u00e9placer \u00e0 Rabat ou \u00e0 Casablanca pour regarder un film. Selon plusieurs t\u00e9moignages, les cin\u00e9philes de K\u00e9nitra constituent la grande majorit\u00e9 du public qui fr\u00e9quente les cin\u00e9mas de la capitale. Une r\u00e9alit\u00e9 qui met \u00e0 mal les faux arguments de certains op\u00e9rateurs \u00e9conomiques qui consid\u00e8rent, \u00e0 tort, que les salles de cin\u00e9ma ne sont pas rentables. En termes commerciaux, la client\u00e8le existe en grand nombre, il suffit de cr\u00e9er les conditions propices pour l\u2019accueillir.\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\"><b>Il est \u00e0 rappeler que la ville de K\u00e9nitra disposait, il y a quelques ann\u00e9es, de six salles de cin\u00e9ma, dont la r\u00e9partition g\u00e9ographique r\u00e9pondait aux besoins d\u2019un public passionn\u00e9 du septi\u00e8me art. Aujourd\u2019hui, il ne reste plus que la salle \u00abTihad\u00bb condamn\u00e9e \u00e0 dispara\u00eetre et le dernier espoir, qui ne cesse de s\u2019amenuiser au fil du temps, r\u00e9side dans la pr\u00e9servation du cin\u00e9ma \u00abPalace\u00bb, sauv\u00e9e in extr\u00e9mis gr\u00e2ce au militantisme d\u2019associations culturelles et qui a \u00e9t\u00e9 inscrite sur la liste du patrimoine culturel par le minist\u00e8re de la Culture.<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\"><b>Le comble de l\u2019ironie est que le ph\u00e9nom\u00e8ne de fermeture et de d\u00e9molition des salles obscures intervient \u00e0 un moment o\u00f9 la production cin\u00e9matographique nationale est en plein essor. Le ph\u00e9nom\u00e8ne de disparition des salles de cin\u00e9ma ne concerne pas uniquement la ville de K\u00e9nitra, mais s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019ensemble des villes de la r\u00e9gion du Gharb. Les salles de cin\u00e9ma de Sidi Kacem, de Sidi Slimane, de Souk El Arba et de Mechr\u00e2a Belksiri ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par des immeubles et des surfaces commerciales. Au lieu d\u2019encourager la culture et l\u2019art pour l\u2019\u00e9panouissement individuel et collectif, on b\u00e9tonne les villes et les esprits.\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\"><b>* DRISS LYAKOUBI (le Matin)<\/b><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 La s\u00e9rie noire de la d\u00e9molition des salles de cin\u00e9ma de K\u00e9nitra se poursuit. Apr\u00e8s Fantasio, Riad et Tanagra, c\u2019est au tour du cin\u00e9ma Atlas de subir le m\u00eame triste sort. 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